M. Abdelkader Amara, Président du Conseil économique, social et environnemental, a pris part, ce mercredi 15 avril 2026, à un colloque international organisé par la Fondation Zakoura, sous le thème « Éducation et intelligence artificielle : innovation technologique et responsabilité sociale ».
Dans un discours prononcé à l’ouverture de cette rencontre, M. le Président du Conseil a souligné que l’intelligence artificielle n’est plus une option ni un simple luxe technologique, mais s’impose désormais comme un levier de transformations profondes impactant nos sociétés, nos économies, nos modes de production ainsi que nos services de base, en particulier le système éducatif. Il a, à cet égard, mis en lumière les enjeux majeurs qu’elle soulève, notamment dans un contexte marqué par l’absence d’un encadrement institutionnel suffisant de ses usages.
Dans ce cadre, il a souligné que le CESE s’est penché à maintes reprises sur les enjeux liés à la transformation numérique, à travers un travail continu de veille, d’analyse et de prospective. Il a, à ce titre, rappelé les principaux avis et rapports élaborés par le Conseil, notamment dans les domaines du cloud, de la politique d’innovation, de l’école, des nouvelles technologies et des enjeux culturels, des technologies et des valeurs, ainsi que de l’intelligence artificielle, en plus de la réflexion actuellement en cours sur les déterminants et aux défis de la cybersécurité.
Dans le prolongement de ces travaux, le Conseil préconise l’élaboration d’une stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle, en accordant, dans un premier temps, la priorité au développement de solutions dans des secteurs de l’éducation, de la santé et de l’agriculture. Il souligne, par ailleurs, la nécessité d’engager des interventions publiques cohérentes, structurées et anticipatives, à même d’accompagner et d’orienter les dynamiques de cette transformation.
M. Amara a, par ailleurs, souligné que l’intégration de l’intelligence artificielle dans le système éducatif ne saurait se résumer à l’introduction de nouveaux outils pédagogiques, mais appelle une transformation en profondeur de l’organisation et des fonctions de l’école. Une telle évolution requiert, notamment, la mobilisation d’investissements durables dans les infrastructures numériques, en vue de garantir un accès équitable entre les différentes régions du Royaume, en particulier dans le monde rural, ainsi que le renforcement de la formation des enseignants afin de leur permettre de s’approprier les usages de ces technologies et d’en assurer une transmission fiable. Elle implique également l’accompagnement des apprenants vers un usage réfléchi, responsable et avisé de ces outils, avec une implication accrue des familles dans les processus de suivi et d’encadrement.
Dans ce cadre, il a rappelé plusieurs recommandations du Conseil visant à promouvoir des approches transversales, portant notamment sur le développement de mécanismes de contrôle et de vérification des biais potentiels des algorithmes, la protection des données à caractère personnel des apprenants, l’encouragement de l’expérimentation encadrée au sein des établissements éducatifs, l’élaboration de référentiels et guides clairs d’usage, ainsi que le renforcement des partenariats entre les acteurs publics, privés et académiques. Ces recommandations couvrent également la mise en place de filières de formation spécialisées en intelligence artificielle et l’instauration de dispositifs d’évaluation continue des programmes.
Enfin, M. Amara a appelé à faire de l’intelligence artificielle un levier structurant de la réforme de l’école marocaine, à travers l’accélération de la mise en place d’un cadre institutionnel adapté et l’adoption d’un encadrement pédagogique souple et innovant, fondés sur une planification stratégique à même d’anticiper les mutations numériques et leurs impacts, et ce en vue de bâtir une école fondée sur l’équité et la qualité et tirant pleinement parti des opportunités offertes par ces technologies.